Bilan 1998

L’équipe

  • Benoît Rouvier, coordinateur, chargé de mission aux CEMEA, réalisateur.
  • Manuel Briot, étudiant en cinéma, animateur d’un ciné-club.
  • Bruno Dufour, technicien à la Cinémathèque de Toulouse, président de l’association Vidéo Zingue (diffusion de courts et moyens métrages).
  • Cédric de Mondenard, chef électricien, maquettiste à la Maison du Film Court.
  • Christophe Postic, instituteur, formateur audiovisuel, rédacteur en chef du journal quotidien des États Généraux du film documentaire à Lussas.

Le festival, les projections

Pour la première année où nous organisions cette rencontre à La Rochelle, nous avons découvert un festival extrêmement pointu dans sa programmation, internationalement reconnu (Deuxième festival français de cinéma derrière Cannes), tout en restant accessible et convivial. La liste des professionnels qui se trouvaient sur le festival était affichée dans l’espace d’accueil du public, et les contacts avec ceux-ci étaient d’autant plus facilités.

La programmation s’articulait autour de rétrospectives (Henri Decoin, Emilio Ghione, Carol Reed, collection Lobster), d’hommages (Montxo Armendariz, Giuseppe Bertolucci, Juraj Jakubisko, F.J Ossang, Paul Schrader, Agnès Varda), et de regards sur le monde (“Le monde tel qu’il est”), offrant ainsi une grande variété de films. Ce mélange de films récents et " classiques ", de nationalités très variées, de natures très différentes, a permis à chacun de se retrouver dans ses goûts et de découvrir d’autres cinématographies.

Chaque participant disposait d’une accréditation pour la semaine permettant un accès libre à toutes les projections, ainsi que la conférence quotidienne de 16h15 pour échanger avec un cinéaste invité. La projection de plusieurs films dans des salles en parallèle, et la rediffusion systématique des films dans la semaine, rendaient l’accès facile aux salles.

Les jeunes ont assisté en moyenne à 15 ou 20 séances.

Les moments collectifs

  • Autour du cinéma
    Le premier moment intitulé “Moi et le cinéma” (cf. compte rendu dans le livret joint) a donné lieu à un premier échange collectif (en petit groupe) d’une grande richesse. Il a permis, non seulement aux jeunes de mieux se connaître, de mélanger les différentes délégations, et d’échanger abondamment sur l’histoire (culturelle et sociale) de chacun, dans sa dimension individuelle et collective.

    Un premier temps d’accueil s’est porté sur les motivations de chacun quant à sa participation à ces rencontres au festival, puis s’est prolongé sur la question : “quel cinéphile je suis ?”

    Par petits groupes, et sous la conduite d’un animateur, les participants ont échangé sur :
    - mon premier souvenir de cinéma,
    - le film qui m’a fait aimer le cinéma,
    - mon film préféré

    A la fin de ce tour de table, chaque jeune a rédigé une fiche autour de ces trois questions. Leurs contributions ont ensuite été regroupées, saisies sur ordinateur, mises en pages et imprimées, afin que chaque participant dispose le jour de la sortie à mi-séjour de ce document.

  • Autour du festival
    Les jeunes ont pris l’habitude d’échanger à partir des films vus, ensemble ou individuellement, de façon informelle au moment des repas ou au retour à la résidence. En dehors des temps collectifs formels, l’équipe d’encadrement est toujours restée à l’écoute des jeunes pour les accompagner dans cette rencontre, en les guidant vers des professionnels présents sur le festival, en favorisant les échanges, en relançant des discussions, en attirant leur attention sur certaines projections, en les incitant à s’impliquer dans les temps collectifs, etc.

    Le nombre de films projetés était très important, un gros travail d’analyse de la grille de programme a été fait avec eux, et certains participants n’hésitaient pas à inciter les autres à aller voir tel ou tel film qu’ils connaissaient ou avaient vu quelque jours plus tôt (système de rediffusion).

  • Séances collectives
    Pour faciliter l’entrée des jeunes dans le festival, l’équipe d’encadrement a proposé une première séance collective pour le film " Tasio " (1984) de Montxo Armendariz. Cette séance a été suivie par un échange formel en grand groupe le lendemain matin. Ce débat fut très riche, avec des points de vue différents (certains ont beaucoup aimé le film, d’autres moins ou pas du tout) où chacun a pu exprimer ses idées et argumenter son point de vue. A la demande du groupe, nous avons organisé une seconde séance collective avec le film " Sans toit ni loi " (1985) d’Agnès Varda, qui a également tenu toutes ses promesses.

  • Autour de la rencontre
    Un point à mi-séjour pour prendre en compte les remarques et souhaits des participants et traiter des problèmes éventuels, tant matériels que relationnels ou concernant le contenu et la forme des rencontres.

    Un bilan de fin de rencontre a également été organisé par petits groupes, afin de prendre en compte leurs remarques (satisfactions et critiques) et de parler du film qui les a le plus touché, durant le festival.

  • Autour de la clôture du festival
    Un moment festif a été organisé la veille du départ sur le pont du France 1 (frégate météo amarrée dans le port), avec buffet et soirée dansante. Le caractère festif et culinaire de ce moment fut très apprécié.

Le cinéma de mon pays

Deux participants, étudiants en cinéma (1 turc, 1 libanais), étaient venus avec des films qu’ils avaient réalisés. Une projection sur grand écran de leur travail a été organisée à Cinévague. Des échanges ont suivi la diffusion, permettant aux autres jeunes de connaître l’histoire de l’écriture et de la fabrication des films. Une seconde projection a du être programmée pour ceux qui n’avaient pu assister à la première.

Enfin, l’un des participants avait amené une cassette VHS d’un film yougoslave qu’il aimait beaucoup et qu’il souhaitait montrer au reste du groupe. Cette séance s’est déroulée en présence d’une douzaine de personnes, et a été l’occasion d’un nouvel échange.

Rencontres avec des professionnels.

Chaque rencontre s’articulait autour des mêmes questions auxquelles les participants avaient dû répondre lors de " Moi et le cinéma ". Les intervenants devaient s’exprimer sur :
- Moi et le cinéma.
- Comment êtes-vous arrivé à ce métier ? En quoi consiste t-il ?
- Ma place dans la profession.
- Moi et le festival.

Nous avons rencontré quatre professionnels au cours du séjour :
- Prune Engler, directrice du Festival International du film de La Rochelle.
- Juraj Jakubisko, réalisateur-producteur tchèque de films de longs métrages.
- Michel Rebichon, rédacteur en chef de la revue Studio Magazine.
- Vincent Martin, directeur de Cinévague, animateur dans le cadre "Ecole et cinéma", auteur d’un livre sur le cinéma.

Chacune de ces rencontres a rassemblé une vingtaine de personnes, et ont été très appréciées par les participants. Les échanges avec la directrice du festival ont permis aux jeunes d’avoir des repères, et de rentrer plus rapidement dans la logique du festival.

La rencontre avec Juraj Jakubisko a été prise en charge et préparée par deux jeunes tchèques. Ce fut l’occasion pour elles de rencontrer un cinéaste, d’échanger sur sa façon de travailler, et de faire découvrir aux autres leur cinématographie nationale.

Vincent Martin a reproduit, lors de son intervention, les conditions de projection de lanternes magiques telles qu’elles se pratiquaient à l’époque. Les participants de cette rencontre ont pu manipuler du matériel de projection très ancien et solliciter sa connaissance historique du cinéma. Ils ont apprécié tout particulièrement la chaleur et l’accessibilité de cet intervenant.

Nos quatre invités se sont tous montrés intéressés par ces rencontres, et des échanges avec les jeunes se sont prolongés durant le festival pour certains d’entre eux. L’un d’entre eux nous a rejoint pour la soirée de clôture.

Sortie à l’Ile d’Aix

A mi-séjour, nous avons fait une pause d’une journée pour casser le rythme du festival, et permettre au groupe de se retrouver. Après la traversée en bateau, et un repas pris en commun, les jeunes disposaient de l’après-midi pour visiter l’Ile, son musée, ses commerces aussi, ou profiter de la plage. Si au départ certains se montrent réticents à l’idée de manquer une journée de festival, tous à l’arrivée regrettent de n’avoir pu finalement profiter plus longuement de ce nouveau dépaysement plus tranquille.

Les participants étaient particulièrement satisfaits de disposer de la brochure " Moi et le cinéma " pour cette sortie, car le trombinoscope et les contributions des autres groupes leur a permis de mieux se connaître.

Hébergement et transport

  • Résidence universitaire de La Rochelle.
    Chaque personne disposait d’une chambre individuelle dans la résidence Antinéa. Les jeunes étaient regroupés sur trois étages. Les petits-déjeuners se prenaient au rez-de-chaussée. Le confort du lieu est de bonne qualité, tout comme l’accueil du personnel. Un service de gardiennage le soir permettait aux jeunes de construire leur programme (diffusions tardives et sorties) sans avoir à gérer des problèmes d’accès à la résidence.
  • Cinévague
    Nous disposions d’un espace permanent au cœur du musée maritime de La Rochelle, situé à 5 minutes de la résidence. Nous y avons organisé les réunions du matin, les rencontres avec les professionnels, des projections et tous les moments collectifs.
    Une permanence était assurée par une personne de l’équipe d’encadrement tous les après-midi, pour orienter les jeunes, discuter, et leur proposer un goûter.
  • Transport.
    Chaque participant disposait d’un titre de transport permanent qu’il pouvait utiliser quel que soit son mode de déplacement : bus (pour aller de la résidence sur les lieux de projection), passeur (traversée du port), bus de mer (pour aller à la plage), vélo (3 heures gratuites). Cette formule a été très appréciée par les jeunes, bien que le soir les différents modes de transports cessaient leur activité à 20 heures.

Restauration

Les repas du midi étaient pris dans un self-rotisserie qui donnait sur le port, où l’on pouvait manger en terrasse. Les repas du soir étaient pris dans un autre self, dans la vieille ville. Les jeunes disposaient de tickets repas pour la journée, et pouvaient composer librement leur menu. Cette formule a été appréciée de tous.

Conclusion

Pour la première édition de " Jeune et cinéma " à La Rochelle, nous avons eu la chance de rencontrer un environnement particulièrement favorable à l’organisation de cette rencontre. La programmation de ce festival offre une grande variété de films, de par leur nature, leur genre, leur époque et leur nationalité, permettant à chacun de se retrouver dans ses goûts et de découvrir de nouveaux auteurs. La satisfaction et l’enthousiasme des jeunes à l’issue du séjour, comme leurs critiques d’ailleurs est la meilleure reconnaissance que nous puissions trouver de l’intérêt de poursuivre une telle expérience.

La principale difficulté réside dans la multiplication des lieux de vie (Résidence pour l’hébergement, Cinévague pour les moments collectifs, salle de projection sur le vieux port, les selfs) qui entraînent de nombreux déplacements. Il faudrait rechercher un espace situé à proximité des salles de projection. Un véritable lieu de vie permanent, accessible rapidement renforcerait encore plus la cohésion et la dynamique du groupe.

Enfin, nous avons pu constater la très grande motivation de ces jeunes, qui se sont impliqués directement dans l’organisation et la prise en charge de temps collectifs (rencontre avec le réalisateur, diffusion de leurs films). C’est une satisfaction qu’ils partageaient, puisqu’il nous l’on renvoyé en bilan, notant la présence d’un cadre dans l’organisation de cette rencontre, mais non contraignant pour eux, et qui leur offrait la possibilité de choisir et de s’investir.